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19 juin 2008

Commentaires

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Matt

Je ne suis pas étonné de l'anti-bretonnisme de certains. C'est vraiment à pleurer ce paquet d'intolérance.

Vive les préjugés et les idées reçus.

Billy

Par "langue réellement minoritaire" je faisais allusion aux pays qui sont réellement divisés sur la plan linguistique. Au point que certains habitants peuvent ne maitriser que leur langue maternelle et pas la langue officielle majoritaire. On peut penser à la Belgique par exemple et même plus clairement à la minorité francophone vivant en Flandres ou aux germanophones. Ainsi, les textes européens sur les "langues régionales" garantissent que ces minorités seront toujours respectées. Impossible donc à un futur état Flamand d'imposer le néerlandais aux francophones non bilingues lorsqu'ils ont affaire à l'administration (justice, élections etc...). Et les problèmes rencontrés lors des dernières élections belges nous montrent que ces risques ne sont pas théoriques... Et ce dans un pays limitrophe de la France! Accessoirement cela montre que les dispositions européennes sont réellement utiles à la défense des habitants.

Lorsqu'un Corse a affaire à la justice (simple exemple ;-)) il peut se défendre aussi bien qu'un parisien. Ce ne serait pas le cas d'un francophone belge qui serait jugé en néerlandais ou qu'un québequois qui serait obligé de faire valoir ses droits en anglais.

Le Breton n'est donc pas une langue minoritaire au sens ou l'entendent les diverses "chartes" car tous les locuteurs bretons parlent également le Français. Ils ont même appris le breton après par goût, curiosité, tradition familiale, militantisme etc... Je suis donc agacé de voir le détournement des objectifs protecteurs de la charte européenne en argument "offensifs" visant à légitimer une demande d'abord nationaliste.

Pour finir, les langues "régionales" sont au moins autant reconnues politiquement et administrativement chez nous que chez les plus ouverts de nos voisins:
-La loi du 11 janvier 1951 relative à l’enseignement des langues et dialectes locaux autorise et favorise l’apprentissage des langues régionales de France dans l’enseignement public : le basque, le breton, le catalan et l’occitan, auxquels se sont ajoutés ensuite le corse en 1974, le tahitien en 1981, et quatre langues mélanésiennes en 1992. De sorte qu’aujourd’hui, et depuis 1970, tous les élèves qui le souhaitent voient ces enseignements pris en compte pour l’obtention du baccalauréat. Que n'importe quel élève puisse passer son bac en breton est une relative preuve de reconnaissance non?

La loi Toubon de 1994 a confirmé ce cadre légal favorable et Lionel Jospin, par la loi du 22 janvier 2002, a mis des moyens particulièrement importants à la disposition de l’enseignement de la langue corse, si bien que quiconque le veut peut suivre un enseignement en corse à l’école, au collège et au lycée, à raison de trois heures par semaine.

L’État a aussi contribué, en lien avec les collectivités locales qui le demandaient, à rendre possibles les signalisations routières bilingues (mais pose d'autres problème, ne serait-ce que de crédibilité dès fois...)
(Source le blog de Mélanchon qui mérite bien des critiques mais là dessus il a raison).

Et sur l'aspect "artificiel" du breton effectivement cela est conforme aux mécanisme de "standardisation" d'une langue mais dans ce cas il ne faut pas prétendre que le breton enseigné correspond au breton jadis parlé par tous les habitants. Par exemple ma grand-mère m'a tjs dit ne pas comprendre les journeaux télé en breton malgré sa partique quotidienne. Mais dire cela nuit au mythe de la bretagne opprimée qu'il faut faire renaitre... L'unité culturelle que certains prétendent vouloir restaurer n'a jamais existée.

Protégeons la diversité culturelle et le goût de l'apprentissage mais ne rentront pas dans le jeu des nationalistes qui demandent des droits qu'ils n'accorderaient pas à leur propre minorité (c'est que je voulais dire par "les opprimés sont de futurs oppresseurs").
TB

Oliver

Je partage globalement votre point de vue, mais plusieurs remarques:
- comment ne pas reconnaitre les langues régionales quand elles sont reconnues me semble t il dans les autre pays europeens?
- sur le processus d'une langue; il me semble que de toute facon, toute langue unifie des dialectes ou patois via les universitaires (villers coterets en france en 1532 je crois, de meme en espagne en 1492 avec nebrija)Donc tte langue a cet aspect artificiel dirons nous
- j'aimerais que vous expliquiez le "langues "reellement" minoritaires"; a quelles langues pensez vous et le breton n'est-il pa sminoritaire? cordialement, oliver
Je terminerai en disant qu'une position face aux revendications regionales est de ne pas marginaliser et en meme temps de ne pas ceder.

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